Irakiens et école buissonnière

Caroline Stevan
IRAK. Une conférence chapeautée par l’Unesco réunit à Paris universitaires, autoritéset humanitaires afin de trouver des solutions au chaos qui prévaut dans l’enseignement.
A cinq reprises, des hommes armés de mitraillettes ont tiré sur sa voiture. Dans son milieu, on peine à compter les assassinats et les disparitions. Hilal Edrees Majeed al-Hially n’est ni un malfrat ni un politicien. Il est professeur et Irakien. Il fait partie des quelque 200personnes réunies à Paris depuis jeudi sous l’égide de l’Unesco, afin de se pencher sur la reconstruction du système éducatif en Irak.
«Jusque dans les années 1980, ce pays était un modèle régional en matière d’enseignement, relève Koïchira Matsuura, directeur de l’agence onusienne. Aujourd’hui, 50% des jeunes ne vont plus à l’école, en particulier les filles. En cause: l’insécurité évidemment, mais aussi les carences d’infrastructures, le travail des enfants…» Lire la suite »
Droit à l’éducation en Irak

L’état de l’éducation en Iraq et les menaces auxquelles doivent faire face enfants, étudiants et universitaires iraquiens seront au coeur d’une conférence internationale intitulée « Le droit à l’éducation dans les pays en crise : ne mettons plus en péril le futur de l’Iraq » qui se tiendra à l’UNESCO à Paris, du 30 octobre au 1er novembre.
Cette conférence est organisée par le bureau de l’UNESCO en Iraq, en étroite collaboration avec le bureau de S.A. Sheikha Mozah Bint Nasser Al Missned, Envoyée spéciale de l’UNESCO pour l’éducation de base et l’enseignement supérieur.
L’événement, qui bénéficie de la coopération du Comité international pour la protection des universitaires iraquiens, sera inauguré par le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, en présence du ministre de l’Education iraquien, Dr Khudari Al Khuza’I, du ministre iraquien de l’Enseignement supérieur, Dr Abed Thiyab Al Ujaili, et de plusieurs ministres et parlementaires de la région. Lire la suite »
Manque de soins et refugiés en errance
Medecins du Monde
A., Kurde irakien de 24 ans, rencontré en août 2007, par la mission mobile de MdM dans le Pas-de-Calais.
Le médecin de Médecins du Monde le reçoit pour des plaies sur la main gauche. Pendant la consultation il nous explique qu’à chaque fois qu’il échoue à un passage, il se taille la main avec un couteau. Cela fait déjà un mois qu’il tente de rejoindre l’Angleterre et qu’il n’y arrive pas, alors qu’il ne lui a fallu qu’un mois pour effectuer le voyage du Kurdistan irakien aux côtes Nord de la France. Il a de plus en plus de difficultés à supporter l’idée qu’il pourrait échouer si près du but. En se taillant la main, il cherche à se redonner du courage. La veille, il a essayé de passer, mais une fois de plus la police l’a interpellé au moment où il montait dans un camion. La police l’a relâché dans une friche industrielle, loin de tout, à 1h00 du matin. Il lui a fallu quatre heures de marche pour rejoindre son camp. Diplômé d’anglais, il était professeur dans un lycée. Il a servi d’interprète aux Américains présents dans sa région. Lorsqu’ils sont partis, il s’est retrouvé à la merci des opposants à la présence américaine en Irak. Il a en sa possession un document qui prouve que sa vie était menacée. Il espère que ce document lui permettra d’obtenir l’asile en Angleterre. Par la suite, il souhaite retourner à l’université, trouver un travail et peut-être revenir en Irak afin d‘aider son pays à sortir du chaos dans lequel il est plongé.
Il faut venir en aide aux universitaires d’Irak
Hasni Abidi
Le cercueil ou l’exil. Telle semble être l’alternative qui échoit désormais aux universitaires irakiens. Naguère forcés de prendre la carte du Baas et muselés par le régime de Saddam Hussein, ils ont aujourd’hui besoin de la protection de ce qui reste du pouvoir national. Depuis l’occupation de l’Irak et le démembrement de l’Etat, les universités irakiennes ont subi, à l’instar de tout le pays, un pillage sans précédent : ordinateurs dérobés, fonds de bibliothèques universitaires et municipales, constitués depuis des décennies, volés et détruits, laboratoires vidés de leurs équipements et vendus au marché aux puces dans les faubourgs de Bagdad.
Lors de mes dernières visites à l’université de Bagdad et à l’université Al-Mustansiriya, mes amis professeurs ou enseignants au département de relations internationales et de sociologie se relayaient sur l’unique ordinateur disponible pour pouvoir consulter leurs courriels et procéder à des recherches sur la Toile. Les étudiants m’ont fait part de leur désarroi, de leur difficulté à rédiger leurs mémoires à cause du manque d’accès aux références bibliographiques. Ainsi cette étudiante parlant français, qui me demandait de la renseigner sur les derniers ouvrages de Bertrand Badie, car sa bibliothèque n’a plus acquis aucun ouvrage de cet auteur depuis L’Etat importé (Fayard, 1992). Un enseignant de sciences politiques m’a demandé des nouvelles de Claude Julien [décédé le 6 mai 2005], qui a signé l’éditorial du dernier exemplaire du Monde diplomatique dont il disposait. Lire la suite »
L’Irak d’aujourd’hui, à l’aune de ses universités
Karim Lakjaa
Lundi 26 novembre 2007, le Service d’Analyse et de Prévention (SAP) de l’Office Fédéral de la Police (OFP) suisse activait le plan OSIRIS destiné à parer à une catastrophe. Cette activation faisait suite à une menace d’attentat contre le Palais des Nations Unies à Genève, à l’aide d’un aéronef ! L’alerte émanait, le matin même, des Etats-Unis[1]. C’est dans ce contexte de tensions leur rappelant leur terrible quotidien, qu’une vingtaine d’universitaires et d’officiels irakiens (dont le Vice-Ministre en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche) étaient accueillis à l’occasion d’un séminaire sur la reconstruction des universités irakiennes (SEGUI[2]). A leurs cotés étaient présents, une quarantaine de chercheurs, d’experts, de diplomates, de fonctionnaires internationaux, de journalistes et de responsables humanitaires, venus d’Allemagne, de Belgique, de Côte d’Ivoire, de France, d’Italie, de Jordanie, du Maroc, des Pays-Bas et de Suisse. Tous étaient les invités du Geneva International Peace Research Institute (GIPRI[3]), co-organisateur avec le bureau de l’UNESCO à Amman de cette initiative soutenue financièrement par la République et le Canton de Genève, ainsi que par le Ministère des affaires étrangères français.
En 2006, le GIPRI, qui se définit comme « un Peace builder » (constructeur de la Paix), organisant « des conférences sur des thèmes critiques afin de tenter d’apporter des réponses aux grands problèmes de la Paix », avait déjà initié la constitution du Réseau International de Solidarité avec les chercheurs Irakiens pour la Paix et les Recherches Interdisciplinaires (RISIPRI[4]). Lire la suite »
Les universitaires irakiens en grand danger
Internationale de l’Education
Le 14 novembre 2006, des hommes armés portant l’uniforme des commandos de la police nationale irakienne ont fait irruption dans le bâtiment du Ministère de l’Éducation à Bagdad. Arrivés à l’improviste, ils ont rapidement arrêté environ 100 membres du personnel dont les noms figuraient sur leur liste, ainsi que d’autres personnes.
En plein jour, les paramilitaires ont passé les menottes et bandé les yeux à des universitaires âgés, de jeunes professeurs, des secrétaires, des parents et des visiteurs. Ils sont ensuite repartis avec les détenus vers une prison clandestine où, selon des témoins, certains ont eu les os brisés tandis que d’autres ont été tués (le nombre précis n’a pas encore été communiqué).
Pourquoi ces enseignants et intellectuels ont-ils été visés de manière si brutale ? Que signifie leur expérience pour la liberté académique en Irak? Ce pénible incident n’est que le dernier cas d’une série tragique d’actes de violence dirigés contre les universitaires irakiens.
Le Premier Ministre Maliki a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une affaire de terrorisme, mais d’un conflit entre « milices ». Au bout de quelques jours, le gouvernement a déclaré que tous les détenus avaient été relâchés après une série de raids policiers dramatiques. Plusieurs agents de police supérieurs auraient été arrêtés pour être interrogés sur une éventuelle complicité. Le Ministère de l’Éducation a également précisé que des chiites et des sunnites faisaient partie des personnes détenues illégalement.
Dans une lettre adressée aux autorités, le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen, a informé le gouvernement irakien que l’Internationale de l’Éducation prendrait contact avec le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme de l’ONU au sujet des exécutions extrajudiciaires, expéditives ou arbitraires, et ce, afin d’exiger que la violence croissante à l’égard des universitaires et des enseignants en Irak fasse l’objet d’une enquête. Lire la suite »







